La Maison de l’Emploi et de la Formation Professionnelle du Pays de Brest est un outil territorial spécialisé en ingénierie de l’emploi. Elle répond à ce titre à un cahier des charges national publié par la Direction Générale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle dont les axes d’intervention sont définis comme suit :

  • Participer à l’anticipation des mutations économiques,
  • Contribuer au développement de l’emploi local,

à l’échelle de son territoire d’implantation : le Pays de Brest. Sa mission principale est de coordonner les acteurs de l’emploi et de l’insertion en assurant une relation étroite avec les partenaires économiques mais également de proposer des actions et projets innovants en faveur de l’emploi et du développement économique.

Maison de l'emploi et de la formation de Brest
Maison de l’emploi et de la formation de Brest

Les membres fondateurs de la MEFP du Pays de Brest sont l’Etat, Brest métropole, Pôle Emploi et le Conseil Régional de Bretagne. Concernant le transport, une trottinette tout terrain électrique est parfaite pour se rendre au bureau et gérer rapidement les problemes de déplacement. La MEFP est régie par une gouvernance dont Madame Isabelle Montanari, Vice Présidente Chargée de l’Emploi, de l’Insertion et de la Politique de la Ville au sein de Brest métropole, assure la présidence.

Ses principaux financeurs sont l’Etat, Brest métropole, le Conseil Régional, le Conseil Départemental, les Fonds Européens…

Les différentes actions et projets portés par la MEFP du Pays de Brest sont présentés à travers ce site.

L’origine du Travail

La réflexion sur le travail et ses significations est profondément ancrée dans l’histoire de l’humanité. Mais même avant, nous pouvons retrouver certains éléments de ce que nous pouvons définir comme « travail » dans les populations de primates. La capacité de certains singes à fabriquer des outils est probablement le concept le plus proche de celui du travail. Avec l’apparition des premiers hominidés, le Travail commence à prendre un impact massif dans leur différenciation des autres espèces animales. L’utilisation de l’art pour embellir les outils n’est pas seulement le signe de la maturation de la culture humaine – elle signifie également un changement de relation entre les personnes et les objets, incarnant plusieurs aspects critiques de la signification du Travail : l’un est la sensibilité esthétique et le symbolisme. Un autre est la révérence et les systèmes de croyances métaphysiques. (Nicholson, 2010). Le travail était cependant une activité principalement individuelle, ou le résultat de pratiques collaboratives (comme dans la chasse).

Il y a environ 10 000 ans, les pratiques proto-agricoles de nos ancêtres intelligents se sont transformées en premiers établissements agraires fixes. La conception du travail a radicalement changé à ce moment-là. Le travail sur la terre s’est organisé autour de tâches collectives liées aux cycles des saisons – agriculture et élevage – et autour de tâches associées à l’établissement, à l’entretien et à la croissance des établissements fixes. La propriété des terres et des produits de la terre devient le premier élément qui crée les hiérarchies humaines et les concepts de grades dans certaines cultures. Elle a également permis, pour la première fois, de faire une distinction entre les personnes qui travaillaient et celles qui ne travaillaient pas (chefs, prêtres, etc.).

Des significations différentes selon les sociétés
L’idée de travail s’est développée au fur et à mesure que les sociétés se sont développées. Un bon exemple se trouve dans la Bible, où l’on peut trouver trois significations distinctes du travail. (Gagnier et Dupré, 1995) :

Comme un accomplissement, avec les six jours consacrés à la création. (« Et Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia, parce qu’en lui il s’était reposé de toute son œuvre » Genèse 2:3). Comme une alternative au loisir et au repos, lorsque Dieu se repose le septième jour (même verset).

Comme un fardeau et une punition, lorsqu’Adam est renvoyé du jardin d’Eden, il est condamné à travailler. (« C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes à la terre », Genèse 3:19).

Ce concept de punition est encore traçable aujourd’hui dans les racines du mot travail, partagé par le « travail » ainsi que par le processus de l’accouchement (qui était l’autre « punition » donnée par Dieu dans la Genèse, spécifiquement à Eve).

Dans de nombreuses cultures, le concept de travail comme punition a continué à évoluer. On le retrouve notamment dans la Grèce et la Rome antiques, même s’il existait une distinction nette entre le travail agricole (son lien étroit avec la nature créait un esprit philosophique positif, symbolisé par la beauté de l’Arcadie) et le reste du « travail manuel », considéré comme globalement « négatif ».

Les différentes couches

Une deuxième couche était celle des activités « physiques » effectuées par les citoyens, qui étaient généralement identifiées collectivement comme Negotium. Cela comprenait toutes les activités commerciales (là encore, la racine du terme trouve encore un écho dans la négociation d’aujourd’hui), mais aussi la guerre : un élément essentiel de la vie de beaucoup pendant une grande partie de l’Histoire.

Pendant plusieurs décennies, un débat vigoureux a impliqué de nombreux intellectuels latins, sur la distinction entre le Negotium et l’Otium, qui était l’ensemble des activités qui constituaient le côté positif des activités humaines. Cicéron a longuement écrit à ce sujet, célébrant l’homme qui s’engageait dans des activités telles que l’éloquence politique, la composition de poésie, la musique, etc.

L’idée centrale de la distinction entre l’Otium et le Negotium était que la majorité des gens (y compris les femmes et les esclaves) devaient s’engager dans le travail physique afin que les quelques « élites » puissent se concentrer sur le progrès de l’humanité par l’Otium et la réflexion.

Conception (actuelle) moderne du travail

Avec l’avènement du christianisme, nous assistons à de nouveaux développements. Les cloîtres deviennent le centre de nombreux types de travail différents, et le travail lui-même devient une partie du voyage du croyant vers la rédemption. Une nouvelle signification commence à se développer, celle du travail comme moyen d’atteindre un sens personnel.

Les monastères étaient sans doute les premières organisations véritablement modernes, en termes de systèmes de gestion et de production intégrés (Nicholson, 2010). Pourtant, certains domaines du Travail étaient considérés comme diaboliques, et cette distinction persistera, et cela continuera à caractériser une grande partie de la façon dont le christianisme voyait le Travail, jusqu’aux réformes de Luther. Pour lui, encore, la banque, le crédit, le commerce sont considérés comme faisant partie du  » royaume des ténèbres  » (Gagnier et Dupré, 1995). Seul le calvinisme a dépassé les stigmates sur certains types de travail, amenant à l’identification ultérieure du protestantisme comme fondement du capitalisme (Weber, 1982).

Avec le redéveloppement des villes au Moyen Age, il y a cependant un phénomène important qui commence à façonner le monde du travail. Le premier est la distinction entre les Arts et l’Artisanat, un élément que nous pouvons retracer, par exemple, autour de la construction des grandes cathédrales en Europe. Mais l’époque médiévale commence aussi à développer un mouvement essentiel de Workmanship.

Les jeunes élèves vont travailler dans un atelier, apprenant du maître en tant qu’apprentis dans les premières approches structurées de tutorat. Le travail devient une mission, et la production devient un effort qui comble l’âme, souvent rempli d’un zèle religieux. Les métiers s’organisent en guildes, pour fournir des réglementations, mais aussi pour contrôler l’offre de travaux spécifiques. Dans certaines villes, les guildes se sont peu à peu emparées du pouvoir politique, et certaines d’entre elles se sont transformées en acteurs qui ont contribué à façonner la société moderne (pensez aux francs-maçons). (Dupré, 1996)

Avec la Renaissance, les arts ont commencé à s’épanouir en même temps qu’une nouvelle série de découvertes scientifiques. Le commerce et les échanges se sont également développés. Bien que les critiques s’exercent toujours du point de vue des catholiques officiels, nous voyons aussi le commerce et la banque s’épanouir, créant les premières formes d’entreprises modernes.

Et c’est dans ce cadre que plusieurs des outils qui influencent encore le travail d’aujourd’hui ont été créés, comme le système de comptabilité en partie double. C’est cependant aussi le moment où les premiers exemples de spécialisation du Travail se font remarquer, par exemple dans certains grands complexes miniers en Allemagne, où sont décrits les premiers exemples enregistrés d’une organisation hiérarchique moderne (Kranzberg et Hannan, 2017).

L’avènement des différentes phases des révolutions industrielles s’accompagne d’un rejet social des dernières formes d’esclavage comme forme de contrôle de la main-d’œuvre. Cependant, le développement des sweatshops n’a pas changé grand-chose au niveau de vie de nombreux travailleurs, par rapport au Travail dans les plantations, par exemple.

Ces mêmes révolutions ont toutefois créé la nécessité pour la nouvelle entreprise moderne de s’organiser autour de la nouvelle appellation d’usine, établissant pour la première fois une distinction entre le travail « manuel » et le travail « intellectuel » au sein de ces entreprises. Une différence que nous maintenons encore aujourd’hui : celle entre les cols blancs et les cols bleus.

C’est dans ce scénario que le concept de travail en tant que poste contractuel volontaire devient une entité significative (Nicholson, 2010). C’est à cette époque que l’on peut retrouver la première étude scientifique de la conception du travail qui  » a commencé avec les travaux d’Adam Smith, qui a décrit dans son livre La richesse des nations comment la division du travail pouvait augmenter la productivité  » (Van den Broeck et Parker, 2017).